Le gouvernement français a intensifié les mesures pour lutter contre l’augmentation des crimes liés aux cryptomonnaies après avoir enregistré 77 occurrences depuis le début de l’année. Les affaires concernent des enlèvements, des tentatives d’enlèvement et des extorsions visant des personnes liées au secteur, amenant le ministère de l’Intérieur à annoncer une stratégie de sécurité plus large pour faire face à ce type de menace.
Lors d’une rencontre avec l’Association de Déteneurs d’Actifs Numériques (ADAN), le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que le nombre représente une hausse importante par rapport aux 45 cas recensés en 2025. Malgré cette hausse, le ministre a déclaré que les actions d’urgence adoptées auparavant avaient produit des résultats importants.
Selon Nuñez, environ 200 personnes ont été arrêtées au cours des derniers mois, à la fois après des attaques menées et dans le cadre d’opérations préventives qui ont empêché de nouveaux crimes. Comme exemple, il a cité un cas survenu dans la région de Somme, où les suspects ont été localisés et arrêtés seulement huit heures après les faits.
Le ministre a expliqué que la réponse rapide a été possible parce que la victime a utilisé une ligne directe d’urgence créée spécifiquement pour les acteurs du marché des cryptomonnaies. En outre, il a indiqué que 724 professionnels du secteur avaient déjà adhéré au système gouvernemental d’identification immédiate, un chiffre qui représente une progression de 11% de la participation.
Même si les détails complets de la nouvelle politique n’ont pas encore été divulgués, Nuñez a affirmé que tous les départements du ministère de l’Intérieur ont participé à l’élaboration d’une stratégie de sécurité « plus ambitieuse » que les précédentes.
Le plan s’appuiera sur trois piliers principaux. Le premier prévoit d’augmenter le partage d’informations d’intelligence, notamment parce qu’une partie des organisations criminelles opère en dehors du territoire français. L’objectif est d’identifier plus rapidement les réseaux responsables des attaques.
Le deuxième volet vise à renforcer la coopération entre le gouvernement et l’ADAN, en formant un réseau d’experts afin de rapprocher les entreprises du secteur des cryptomonnaies des autorités chargées d’enquêter sur ces crimes.
Quant à la troisième priorité, elle entend améliorer la coordination entre les forces de sécurité françaises et élargir la collaboration avec des autorités étrangères pour localiser et démanteler des groupes criminels qui organisent des attaques depuis d’autres pays.
Nuñez a souligné que cette coopération internationale a déjà produit des résultats importants. À titre d’exemple, il a rappelé l’arrestation, en juin 2025, au Maroc, d’un franco-marocain soupçonné de diriger une série d’enlèvements visant des membres de l’industrie des cryptomonnaies. Parmi les victimes figurait David Balland, cofondateur de Ledger. Selon le ministre, la capture du suspect a interrompu la série d’attaques.
Malgré cela, des crimes similaires continuent d’être signalés dans différentes parties du monde. En mars, un investisseur connu sous le pseudonyme « Sillytuna » a déclaré avoir été contraint par des criminels armés de transférer environ US$ 24 millions en cryptomonnaies au cours d’un assaut violent. D’après son récit, les criminels ont utilisé des armes et ont proféré des menaces d’enlèvement et d’agression sexuelle s’il refusait de céder le contrôle des actifs numériques.
Par la suite, des enquêteurs spécialisés en blockchain ont réussi à suivre une partie des mouvements des fonds volés, identifiant des transferts entre plusieurs réseaux avant la conversion en monnaies axées sur la confidentialité, utilisées pour rendre le traçage des ressources plus difficile.

